• Belles fées

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    conte trouvé sur Internet 

     

    L'HISTOIRE DE LA FEE QUI AVAIT LES CHEVEUX TROP LONGS

     

    Il était une fois une fée très coquette. Ou plutôt trop coquette. Elle vivait au pays des fées, comme toutes les fées. Mais alors que beaucoup de ses camarades avaient fait carrière, celle-ci végétait dans l'anonymat. Elle n'apparaissait dans aucun conte, aucune revue pour enfants, aucune légende, même régionale. Même pas dans un de ces dessins-animés modernes et sans intérêt qui envahissent les écrans de télévision aujourd'hui. Elle avait même essayé d'apparaître dans la rubrique des faits divers de la Gazette féerique en kidnappant un troll, sans succès. Le troll avait fuit dès que notre fée avait relâché son attention pour vérifier sa mise en plis dans un miroir.

    Elle avait même ravalé sa fierté pour aller demander leurs secrets aux plus fameuses fées du pays. La fée Clochette l'avait accueillie dans la grande maison qu'elle partageait avec Peter Pan et les enfants sauvages. C'est elle qui lui parla pour la première fois de ses cheveux : 
    — Tu sais, tout est une question de légèreté, lui avait-elle conseillé. C'est bien beau tous ces cheveux, mais cela ne doit pas être très pratique pour voler !
    Il faut dire qu'en matière de vol, Clochette était la championne toute catégorie. Personne ne l'avait jamais battue, que ce soit aux épreuves de sprint qu'à celles d'endurance.
    — Voler ?! Mais c'est la meilleure façon de se décoiffer ! lui avait répondu la fée en manque de célébrité.
    Clochette avait vu juste. Le grand problème résidait là. Une fée qui reste au sol est condamnée à rester anonyme. Même la marraine de Cendrillon, malgré ses ailes minuscules, faisait l'effort de parcourir quelques mètres sans toucher terre pour épater la galerie. Même la fée Bleue, connue pour sa paresse, allait rejoindre Pinocchio en battant des ailes. 
    Toutes maîtrisaient le vol. Toutes excepté cette fée dont tout le monde oubliait le nom. Car elle ne voulait pas essayer, trop effrayée qu'elle était de froisser sa belle chevelure. Les autres fées se moquaient d'elle, affirmant que même si elle essayait, elle ne pourrait pas, encombrée par la masse de cheveux noirs qu'elle devait traîner à longueur de journée. 
    Et elles avaient sûrement raison. Notre fée avait même beaucoup de mal à marcher. Ses longs cheveux était si lourds qu'elle n'avait pas la force de garder la tête droite. Elle se déplaçait donc continuellement la tête penchée. Pour éviter que ses cheveux ne traînent par terre, elle les enveloppaient dans un joli sac de tissu qu'elle lavait tous les jours.
    Mais malgré les conseils de Clochette, elle se refusait toujours à les raccourcir. Pourtant, elle savait bien que cela serait inévitable car même sa conseillère en insertion le lui avait dit. Toutes les offres d'emploi exigeaient la maîtrise du vol, en plus d'une grande flexibilité quant aux déplacements et au nombre d'heures de travail. Elle avait même une offre très intéressante à lui proposer pour un poste de méchante fée soviétique dans un long-métrage ouzbèke. L’Asie centrale était sa deuxième passion après sa chevelure, mais elle ne pouvait se résigner à un tel sacrifice. 
    Et puis elle en avait marre de tous ces gens qui savaient mieux qu'elle ce qu'elle devait faire ! Elle ne voulait pas leur ressembler à ces madames-je-sais-tout donneuses de leçons. De toute façon, les fées, ce n'est bon qu'à ça ! « Mentir c'est pas bien, Pinocchio ; Tu rentres avant minuit, Cendrillon ; Les pirates, c'est méchant, Peter Pan. » Bande de rabat-joies !
    Tout en râlant, la fée traîna ses longs cheveux jusqu'à l'armoire où elle avait caché la paire de ciseaux que lui avait offert un amour de vacances lassé d'embrasser une mèche de cheveux. 
    Tout en râlant contre ces tristes fées normatives et oppressantes, elle commença à attaquer ses beaux cheveux par des coups de ciseaux rageurs. Ils tombèrent sur le sol et firent trembler le parquet. Encore cinq minutes de tondeuse et s'en était terminé.

    La fée était méconnaissable. Elle arborait une magnifique crête au milieu de son crâne blanc.
    Elle se pencha à la fenêtre et cria : « Peter Pan, Cendrillon, Pinocchio, attendez-moi ! C'est que du crottin de cheval, ces histoires de citrouille, de crocodile et de nez-qui-pousse ! Allez, on va rejoindre le capitaine Crochet, à nous la vraie vie ! »
    Depuis ce jour, toutes les fées redoutent l'apparition punk de la fée Lure et de sa bande.